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Celui qui a fait exploser mon coeur.

vendredi 15 décembre 2017


Il a débarqué dans nos vies il y a quelques jours seulement, et pourtant c'est comme s'il avait été auprès de nous depuis des années déjà. Il nous a fait le plus beau des cadeaux de Noël cette année et pour toutes celles qui suivront... Mon petit prince m'a montré combien il était naturel de l'aimer instantanément au-delà de tout. Au moment même où j'ai pu l'attraper, mon coeur a chaviré pour ne plus jamais reprendre sa taille initiale... C'est la vérité toute simple ; il a agrandi mon coeur, comme il a agrandi notre existence à tous les trois. Il est celui que l'on attendait pour se sentir une famille totalement complète. 
Ses jolis yeux déjà bien curieux laissent entrevoir tous nos projets de vie à quatre, tous ces moments qui n'attendent désormais que nous. A commencer par cette fin d'année qui s'achève en beauté avec l'arrivée de ce trésor que je ne cesse de dévorer de baisers depuis sa venue au monde... 

La boîte à grande soeur

vendredi 1 décembre 2017


Lors de ma première grossesse, j'avais pris grand plaisir à confectionner une Boîte à papa surprise qui avait, je dois bien le dire, fait son petit effet sur son destinataire. Pour ce second bébé, c'est la future grande soeur que j'aimerais chouchouter avec une valise contenant tout ce dont elle aura besoin (et plus encore) lorsque ses parents devront partir en trombe à la maternité. Si tenté que les événements se déroulent ainsi, évidemment. 
L'arrivée d'un second enfant bouleverse le schéma familial établis, les équilibres durement gagnés. Et du haut de ses presque 4 ans, notre princesse a gagné le droit d'être encore un peu dorlotée avant le débarquement en fanfare d'un tout petit frère dans sa vie.
Je vous livre le contenu de sa "boîte à grande soeur"... :) 

* Des livres petit frère & grande soeur
J'ai opté pour deux petits ouvrages proches de notre situation familiale afin que notre fille puisse aisément s'identifier aux personnages "Un petit frère, à quoi ça sert ?" de Ledesma et Bellier, ainsi que "Petit frère est né" de la série Bébé koala. Son papa et ses grands-parents pourront lui faire découvrir ces deux courtes histoires relatant le même événement qu'elle sera en train de vivre. 
Je me souviens qu'à 5 ans, alors que ma mère était en train d'accoucher, je m'agrippais dans la salle d'attente à une encyclopédie pour enfants. Il y avait un passage imagé sur l'accouchement, j'étais fascinée. Ces pages avaient eu un effet réconfortant sur l'enfant que j'étais.  

* Une jolie tenue
Mes parents ou son papa n'auront probablement pas le temps de faire des essayages avec cette petite demoiselle ô combien coquette avant de partir me rejoindre, moi et son petit frère. Lors de la grande rencontre, il est probable que les appareils photos fassent feu de toute part et j'aimerais que ma fille regarde plus tard ces clichés avec une grande bienveillance envers elle-même. Sa robe préférée et un collant tout neuf feront sans doute l'affaire. 

* A boire et à manger
J'ignore combien de temps ce petit estomac devra attendre à l'hôpital et dans quelles conditions, mon idée est donc de faire tout l'inverse de ce que l'INPES recommande : rassurer mon enfant avec des grignotages "doudou". C'est le moment de mettre dans son petit sac un vrai goûter et plein d'à-côtés pour faire passer les heures d'attente éventuelles avec plaisir. Rien de très équilibré donc, une boîte de Schoko-bons, des compotes, un pain au chocolat, un paquet d'Oreo, une bouteille d'eau Reine des neiges.  

* Un cahier d'activités
Pour passer le temps tout en apprenant à écrire les lettres et chiffres, un petit livret avec feutre effaçable pour s'entraîner à l'infini. Elle risque d'adorer, elle qui pose tant de questions telles que "il y a écrit quoi là ?" ou encore "c'est combien ?" et "il est quelle heure ?".  

* Un pyjamas
Il peut être utile si la première nuit doit se passer en urgence chez ses grands-parents. Un rechange complet peut aussi servir, mais j'ai estimé que ma mère avait suffisamment de stock !

* Un "compte-dodo"
Approchant les 4 ans, ma fille affiche depuis déjà quelques mois une curiosité certaine envers le temps qui passe. Surtout depuis qu'elle a fait sa rentrée finalement. La notion des jours de la semaine prend toute son importance désormais. Je lui ai donc confectionné un petit calendrier maison à compléter avec son papa ou ses grands-parents, afin qu'elle situe le nombre de dodos qui la sépare de : l'arrivée de son petit frère, la prochaine visite à l'hôpital, le retour de maman et petit frère. 

* Des photos avec papa & maman
Son père et moi lui avons fait un petit carnet comprenant des photos avec ses parents, ainsi qu'un petit mot de chacun de nous (qui sera lu par un adulte) afin de lui rappeler que nous l'aimons de tout notre coeur, et que nous sommes très fières de la grande soeur qu'elle s'apprête à devenir. Cela peut être réconfortant pour une petite fille de visualiser des photos de sa famille la plus proche, dans un moment un peu anxiogène et plein de nouveautés. 

* Un guide "journée type" à usage des grands-parents
Dans le cas où mes parents devraient s'occuper d'amener ma petite princesse à l'école, je tenais à m'assurer qu'aucun détail ne serait laissé au hasard. Si ce petit guide peut sembler infantilisant à une personne extérieure, je suis sûre qu'en plein rush, mes parents sauront apprécier de pouvoir se reposer sur ce petit feuillet de quatre pages ! Horaires précis, adresse, lieu de parking, numéros à appeler, etc. 

* Une poupée bébé garçon
Ma fille a adopté une poupée Corolle fille depuis deux ans, c'est un de ses jouets préférés. Elle s'est rapproché du poupon le jour où son papa et moi lui avons expliqué qu'un vrai petit bébé allait bientôt rejoindre la famille. Quoi de plus mignon que d'offrir un "petit frère" à sa poupée chérie ? 

Et enfin, parce qu'elle adore imiter ses parents : un ancien téléphone portable hors d'usage, pour qu'elle puisse mimer un appel à sa maman et son petit frère quand elle le souhaite. Il faut vivre avec son temps, ah ah ! C'est la cerise sur le gâteau dirons-nous. 

J'espère que cela vous aura donné quelques pistes, sachant que c'est une boîte personnalisée spécialement pour ma fille et que chaque enfant est différent bien entendu. A vous de jouer. Objectivement, je pense avoir acheté plus de cadeaux que nécessaire pour rendre cette "boîte" intéressante, mais on ne devient pas tous les jours l'aînée de la famille... et pour en être une moi-même, je voulais qu'elle garde des objets concrets de ce premier jour en tant que grande soeur.

Confidence pour confidence, le papa aura aussi sa boîte à surprises, mais je ne peux pour l'instant pas en dévoiler le contenu :) 

Éloge de la fossette adipeuse

jeudi 24 avril 2014

Je les ai attendu ces bourrelets, ces petits plis dans les cuisses et les bras, ces grosses joues de hamster russe bien nourri au milieu desquelles se dessine un joli sourire. On me disait de profiter, qu'après, elle deviendrait "un bébé Buddha", mais ils ne comprenaient pas... C'est précisément ce que je voulais, moi. Un bébé bien rond. 
A l'accouchement, lorsque la sage-femme m'a annoncé que je pouvais "tendre les bras", j'ai d'abord obéi, impatiente de toucher enfin au but de cette incroyable rencontre, avant de finalement paniquer en leur lançant un "Oh non, mais elle est toute petite, aidez-moi, je vais la casser !" maladroit. On m'avait prédit un beau bébé, et c'est finalement une crevette d'à peine 2,8kg que j'ai mis au monde. Je pense que toutes les mamans de bébé à "petit poids" comprendront que, même si l'on s'est comporté comme une chef pendant toute la grossesse (j'entends par là : pas d'alcool, cigarette ou autre), on ne peut pas s'empêcher de culpabiliser en se demandant ce que l'on a bien pu faire de mal pour que ce petit être ait quelques centaines de grammes de moins que ce que l'on aurait espéré pour lui. La culpabilité, ce fléau de ta vie de maman... Je n'ose d'ailleurs pas me mettre à la place des mères de prématurés. 
Au bout du 2ème jour à la maternité, alors que la puéricultrice s'exclamait pour la troisième fois "Ahh mais oui, c'est le bébé au petit poids ! Pas de bain pour elle !" j'ai bien failli fondre en larmes devant sa récurrente maladresse à mon égard. Elle aurait pu se douter que je perdais pied à force que l'on me rappelle sans cesse que ma fille n'était qu'une toute petite grenouille rose, aux jambes peu épaisses et au visage fin... Quel manque de tact. 
Ma princesse pesait sensiblement le même poids que moi à la naissance, c'est donc doublement ma "faute" si elle n'a pas franchi la barre des 3kg. Mais elle s'est finalement bien rattrapé par la suite et nous a offert une superbe courbe de croissance.

°oO Sam Smith - Money on my mind |clic| ♫ ♪ Oo°

Je n'ai pas honte d'affirmer haut et fort que je préfère mon bébé maintenant, à trois mois et demi. Moins fragile, toute ronde, elle prend de la matière et envahit son univers. J'adore. Je suis fière. Elle a plus que doublé son poids de naissance et cela se voit... 

La boîte à papa surprise

jeudi 16 janvier 2014


Pendant la grossesse, le futur papa est non seulement malmené par nos vilaines hormones et envies, mais il est aussi le grand oublié au niveau des petits présents que l'on reçoit de la part de la famille, des amies, magasins etc. Plus la date de l'accouchement se rapprochait, plus l'idée de lui trouver un petit cadeau de naissance surprise, original et utile, me travaillait. Après quelques recherches sur le net, j'ai fini par tomber sur un DIY tout indiqué : lui confectionner une superbe boîte à papa (bon, moi j'ai acheté un sac à papa style "London" plutôt qu'une boîte car je trouvais cela plus pratique à transporter...et puis, ça lui ferait un petit mémo pour notre futur séjour en famille, hinhinhin). Belle, ma petite complice, a gentiment veillé au grain pendant quelques semaines, histoire que la cachette du sac ne soit pas découverte avant l'heure.
°oO Coldplay - Fix you |clic| ♫ ♪ Oo°

Lorsque l'homme a dû faire l'aller/retour en vitesse à la maison après que la maternité nous ait confirmé que je ne ressortirai pas d'ici sans bébé, je lui ai indiqué qu'en plus de la traditionnelle valise, il devait aussi ramener ce petit sac (en lui indiquant la fameuse cachette secrète). Il fut surpris, et compris tout de suite que j'avais manigancé une petite surprise pour ce grand jour. L'idée première de la boîte à papa est de rappeler à votre cher et tendre que vous l'aimez, que vous avez énormément apprécié son aide ces neuf derniers mois (et pas que !), que vous devenez une maman mais que vous resterez pour toujours un couple, et lui mettre tout plein de petites choses toutes plus chouettes les unes que les autres pour qu'il puisse patienter à la maternité.



Qu'ai-je mis dans ma boîte à papa ? Beaucoup de choses en vérité :) dont quelques unes que je ne garderai que pour nous trois. Mais pour vous aider à constituer la vôtre, voici un aperçu dans la première photo : 
* des mouchoirs et chewings-gums (ah, ça peut servir !)
* de la vitamine C et du doliprane 
* une lettre personnelle (c'est l'heure de la déclaration)
* un petit cadre photo (mettre sa photo préférée dedans en attendant celle de bébé)
* des magazines sport, auto
* un petit carnet (pour que lui aussi note ses impressions le grand jour)
* un permis papa (ou permis poussette, ça marche aussi !)
* de la monnaie (pour la machine à café)
* de quoi dormir et faire sa toilette
* un livre à lire à son bébé (j'ai choisi Tchoupi et les chiffres car mon homme lui, les comprend...)
* des cookies et des chocolats (l'homme a toujours faim)
* des petits "bons pour" un câlin, une nuit sans se lever, une sieste, un restaurant, etc... 
* les 10 commandements du super papa écrits de votre main
* ... et autres :)

En espérant que cela donnera quelques idées aux futures mamans qui ne connaissaient pas la boîte à papa avant de lire mon article ! Mon homme a vraiment aimé le concept, et je pense qu'il s'en souviendra longtemps, malgré que l'événement du jour ait tout de même été la naissance de notre puce. 

Mon accouchement surprise mais sans douleur, que du bonheur

dimanche 12 janvier 2014

Par pudeur, j'aurais voulu conserver pour ma famille et elle seule le récit de mon accouchement. Et puis maintenant qu'il est derrière moi, après réflexion, je trouverais ça bien dommage de ne pas en partager ici quelques morceaux histoire de rassurer les futures mamans qui passeront par-là. Car j'ai été à leur place, et moi aussi j'ai lu des dizaines de récits...et en toute honnêteté, c'est la pire idée que j'ai jamais eu ! Je n'ai pas dû tomber sur un seul témoignage réconfortant du début à la fin, et ces récits ont nourri mon angoisse jusqu'au grand jour. Les filles, je vais donc vous livrer quelques extraits de cette longue soirée, nuit, puis matinée que je n'oublierai jamais. 



* La fissure insoupçonnée  
Tout a commencé par cela. J'aurais été de nature moins "psychoteuse", je n'aurais jamais pu remarquer cette fuite transparente, inodore et microscopique (disons 6 gouttes à tout casser). Mais comme je n'étais pas encore incontinente, ça m'a troublé. S'il y avait effectivement fissure de la poche des eaux, ma puce n'était plus en environnement stérile et risquait une infection. On avait besoin de se rassurer, même si je n'y croyais pas réellement puisqu'il y a encore quelques jours on m'avait assuré que mini-princesse était haute, col fermé, mi-long et tonique. Les mots de la sage-femme résonnaient encore en moi : "Ah ben finalement elle est bien au chaud, elle va vous amener au bout du bout cette petite !". Certaine de passer pour la grosse angoissée-parano-chochotte au milieu des autres femmes dilatées à 8 et beuglant dans les couloirs des urgences de la maternité, je me suis quand même résigné à m'y rendre avec l'homme... APRES un bon Mcdonald's de 17h :] (bah oui, au cas ou..!). 




* Début de travail 
Une jeune sage-femme, "Natacha", nous a reçu rapidement et tout s'est vite enchaîné dans cette salle d'examen où j'ai perdu toute notion du temps. Le monitoring indiquait de fortes contractions régulières et un coeur de bébé en pleine forme. Jusqu'ici rien de bien nouveau. Cependant... les deux bandelettes utilisées pour le test ont toutes deux démontré que je perdais bien d'infimes quantités de liquide amniotique. BOUM ! Quant au col, il était totalement effacé et dilaté à deux. Second BOUM ! Je lui ai dit que j'avais cru remarquer ces pertes il y a deux jours mais sans en être certaine, car je savais qu'au-delà de 48h de poche des eaux ouverte, si le travail ne commençait pas, on déclenchait l'accouchement pour éviter les infections redoutées. J'avais peur pour ma princesse, et préférais subir les déclenchements dont tout le monde parlait, ceux qui vous donnent des contractions encore plus vives et douloureuses que la nature. De retour dans la pièce, Natacha nous a confirmé qu'ils me gardaient, et qu'ils allaient aider le travail à se lancer un peu plus vite. Là, j'ai compris que je ne rentrerai pas chez nous sans mon bébé. Une petite montée d'adrénaline m'a envahie, entre l'excitation de rencontrer mon bébé, le fait que l'on n'y croyait pas vraiment ni l'un ni l'autre avant ce test des bandelettes, la peur d'un déclenchement trop douloureux qui gâcherait tout, et surtout, la frayeur que ma puce ait attrapé quelque chose pendant ces heures où la poche était effectivement fissurée. Mais Natacha m'a rapidement confirmé que tous les tests étaient bons. Le soulagement, le bonheur, la hâte. Il est temps de partir chercher la valise de maternité et la boîte à papa surprise (article à venir !)... J'ai attrapé le petit carnet déposé il y a quelques jours dans mon sac à main, prévu pour tout noter heure par heure de ce jour merveilleux. 



* Le pseudo-déclenchement
On m'a installé dans une chambre de pré-travail relativement confortable. Natacha est venu me poser le fameux "Propess" censé faire venir les vraies contractions de travail. NB : la pose ne fait absolument pas mal les filles. Lorsque je la questionnais sur la durée du travail, elle était très optimiste, me garantissait que vu l'état de mon col, la tête basse de ma fille et les contractions déjà présentes, ça n'allait pas être long. Et elle ne pensait pas si bien dire ! L'homme, encore chamboulé et à peine de retour de la maison, s'est pris un très gros "Whaaaa, pardon je te coupe mon chéri mais je crois que je viens de rompre la poche des eaux" ! Rupture naturelle ou Propess ? Nul ne le saura, mais si c'est le Propess, cela fut un peu rapide d'après les sages-femmes. Finalement, il semblerait que ma petite poupée veuille terminer le travail elle-même. D'ailleurs, le Propess était déjà parti avec les grandes eaux ahahah ! Les contractions s'enchaînaient et se faisaient de plus en plus sentir mais très honnêtement, pas de quoi se rouler par terre de douleur. A ce moment-là, elles s'apparentaient plus, pour moi, à de fortes vagues de bonheur qui m'annonçaient l'arrivée imminente de ma fille. Je les ressentais maintenant partout dans le ventre, le dos. On aurait dit des règles très douloureuses, mais c'était franchement gérable. Pendant la douche à la bétadine, je devais juste faire une pause de quelques secondes lorsqu'elles atteignaient leur "pic", mais là encore, j'ai envie de vous dire que c'était loin de la douleur insurmontable dont j'ai tant entendu parler. Je souriais bêtement, j'étais heureuse. On venait m'examiner de temps en temps, on me confirmait que le travail s'était bien lancé et que le col continuait de se dilater tranquillement. Natacha a dû passer le relais et sa collègue "Cécile" l'a remplacé. Une femme aussi joviale que Natacha, moins douce, mais un poil plus délirante. 


* La pose de la péridurale
Cécile est revenu dans ma chambre vers 22h en me disant que cette fois ça y était, on passait tous les deux en salle d'accouchement pour me poser la péridurale. Ma réaction "Déjà ?????" j'avais presque envie d'y ajouter "Mais je n'ai pas encore mal !!!!" et puis je me suis retenu en pensant que j'avais peut-être la chance de ne pas ressentir de fortes douleurs après un mini-déclenchement et un col ouvert à 3-4 mais que ce n'était pas le cas de toutes. L'anesthésiste partait dans 2h en astreinte, j'ai préféré saisir l'occasion. Passage en salle de travail, fous d'excitation ! Quelques secondes après, me voilà allongée sur le lit qui m'aidera à faire venir au monde le trésor le plus précieux de toute ma vie. Cécile a ensuite tenté de me piquer pour la perfusion...la pauvre a dû s'y prendre à plusieurs fois car d'après elle, j'ai des "veines qui roulent" ! Elle en a donc fait éclater une, et m'a bien fait sentir l'aiguille de la seconde tentative. J'ai préféré ne pas regarder ce qu'elle trafiquait, surtout lorsque j'ai senti mon sang couler sur ma main ahahah, je me suis perdu dans les yeux heureux de mon homme...et elle a rapidement terminé son bricolage. Ce n'était pas le moment de faire un malaise (moi qui suis légèrement sujette aux malaises vagaux en temps normal !), je devais rester active pour les heures à venir jusqu'à l'arrivée de ma précieuse. Puis, ça a été au tour de l'anesthésiste de faire son travail. Comme je m'y attendais, ce n'était pas celui que j'avais vu en consultation, mais il avait l'air sympathique au premier abord. Seul souci : il parlait très très très doucement. Et avec ma charlotte sur la tête, j'avais du mal à comprendre ce qu'il racontait. Un brin stressant. Une contraction venait de passer, je l'indique immédiatement. Il était un peu plus de 23h maintenant. Mon homme en face de moi (à qui j'avais demandé de ne surtout pas regarder tout le matériel amené pour la péridurale, de peur de lire l'angoisse dans ses yeux, ahah), moi de côté sur le lit de travail, faisant mon plus beau dos-rond-menton-poitrine-épaules-basses, tout le monde avec charlotte et masque sur la face, l'anesthésiste commence sa petite affaire... Alors NON, la péridurale ne fait absolument pas MAL. Mais on sent bien quelque chose (je répète, ça ne fait pas mal), comme une pression dans le dos, c'est tout. J'ai fait l'erreur de tenter de toutes mes forces de ne pas visualiser d'aiguille en même temps que cette pression descendait, tout ce qu'il faut faire pour justement très bien la visualiser ! Cela m'a quand même valu une brève chute de tension et une montée de sueur (je vous l'ai dit, je suis sujette aux malaises vagaux). Je me suis excusé, j'ai eu honte de faire un petit "coup d'évanouite" pour quelque chose d'aussi doux. Me voilà branchée. Pendant tout le reste du travail, j'ai eu peur de refaire une petite chute de tension et une perte de connaissance, qui m'auraient sans doute valu une césarienne en urgence (ce que je voulais à tout prix éviter), donc je n'ai prêté aucune attention à ces tuyaux qui ressortaient d'un peu partout. Et tout s'est très bien passé :)


* Le long travail
Je commençais à ressentir l'efficacité de la péridurale...mais seulement d'un côté ! Petit moment de panique. Je me suis alors dit "ça y est, moi aussi je suis comme toutes ces pauvres femmes maudites pour qui la péridurale ne marche pas, ou ne marche que partiellement :'( je vais souffrir". Mais je ne souffrais toujours pas, même en ressentant toutes les contractions d'un côté. C'était encore du franchement supportable. J'avais principalement peur de l'expulsion, et non plus des contractions. L'anesthésiste est repassé pour me demander si tout allait bien, j'ai été cash : "Non...ça ne marche que d'un côté :(" 
Lui "Ah...? Oui mais est-ce que vous avez MAL du côté droit ?"
Moi "Heu... non...ce n'est pas vraiment douloureux, puisque mes contractions n'ont jamais été très douloureuses je crois, mais je sens tout..." 
Lui "Alors c'est normal madame, on ne peut pas tout anesthésier sinon vous ne pourrez pas pousser. Vous savez, un accouchement où l'on ne sent vraiment aucune douleur ça n'existe pas hein, c'est que dans les films ça !"
Moi - à mon homme une fois l'anesthésiste reparti - "Grrrrr...mais il n'a rien compris lui, ça ne marche qu'à gauche, pfffff...il s'en fout en fait" Je ne voulais pas accepter ce triste sort, et après un petit moment d'énervement avec mon "bip" de recharge de dose d'anesthésiant, j'ai réussi à trouver une petite technique (position peu glamour, faut être honnête) pour aider le produit miracle à se déverser enfin dans mon côté droit. Soulagement. Cette fois-ci, j'étais réellement sereine. Cécile est revenu nous voir toute la nuit (nuit qui est malgré tout passée à toute vitesse) pour me donner des exercices à faire afin que mini-princesse se mette en bonne position (elle avait la tête légèrement en transverse). Manipulation avec sa main (non-douloureuse, rassurez-vous), ballon dans toutes les postures possibles et inimaginables, etc. Avec l'homme on a beaucoup ri, entre la fatigue, les exercices aux positions débiles, les photos de nos deux têtes de fatigués, les nerfs qui lâchaient un peu, et les heures qui défilaient et se rapprochaient de notre poupée. A un moment, Cécile est venu m'injecter un produit pour ramollir mon col "Je vous préviens, ça fait comme à la ménopause : une énorme montée de chaleur". Heureusement qu'elle m'a prévenu car ce produit a une force incroyable, j'ai cru passer de 37°C corporels à 300°C en l'espace de cinq secondes ! J'en ai eu du mal à garder les yeux ouverts, et j'ai cru que mes vêtements allaient prendre feu ! Là aussi, je vous rassure, ce n'était pas douloureux ;) mais c'était une... expérience, disons. Je ne regarderai plus jamais une femme ménopausée comme avant ! Après ça, effectivement, le travail fut très rapide jusqu'au petit matin. J'ai été à dilatation complète vers 7h, avec le lever du soleil. On a attendu une petite heure que la puce descende encore un peu, et Cécile à dû passer le relais à sa collègue "Mathilde" en me lançant une dernière petite blague et me souhaitant bon courage :)


* La poussée
Lorsque j'ai vu le "10cm" écrit par la main de Cécile sur la feuille qui sortait du monitoring, j'ai ressenti une joie immense... Elle n'était plus bien loin maintenant. Pendant les quelques minutes qui ont précédées la poussée, je me suis remis une petite dose de péridurale dans ma position peu flatteuse pour être certaine que le produit atteignait le côté droit. J'appréhendais un peu, je voulais tellement faire naître ma chérie par voie basse et vivre ce moment intense et magique de la voir sortir ! Ce que je redoutais le plus, pour être sincère, était la douleur décrite comme "vive brûlure" ou "écartèlement" (malgré la péridurale, hein !) ressentie lorsque la tête passait enfin, et de ne pas avoir la force et le courage d'aller à l'encontre de ces sensations. La peur d'échouer. Paul, mon sage-femme, m'avait même expliqué que péridurale ou pas, on ressentait absolument tout en bas afin de pouvoir pousser. D'accord, d'accord, j'y étais de toutes manières, et il allait bien falloir la faire sortir cette princesse. J'étais résignée, prête à affronter la douleur. Mathilde et sa collègue étaient prêtes, nous aussi. Tout le monde en position, attendant la prochaine contraction. 
Moi "Ahh, j'en ai une !"
Mathilde "Parfait, allez-y !"
C'était à moi de bosser maintenant, alors j'y suis allée de toutes mes forces. J'y ai vraiment mis tout mon coeur, en me disant que si ça faisait effectivement mal, eh bien au moins ce serait rapide ! Mathilde et sa collègue m'ont alors dit que c'était super ce que je faisais, qu'elle avançait bien et que si je continuais elle serait là très vite. Je me sentais plus forte, et je recommençais de plus belle ! L'homme m'encourageait aussi, et je sentais son amour. J'étais toujours plus forte, et je poussais comme je ne m'en serais pas cru capable. Je n'avais pas mal. Absolument pas mal. C'était incroyable ce qu'il se passait, en fait. Je sentais ma petite puce descendre. Au bout de cinq minutes, Mathilde me dit "Ah..là, vous devez bien sentir la tête, non ?", oui...je la sentais, mais sans douleur. Péridurale ? Cerveau ? Magie chimique du corps ? Peut-être un peu des trois, mais tout ce que je ressentais c'était de la hâte que cette poussée soit terminée pour enfin la prendre dans mes bras. Je pouvais même leur parler tout à fait distinctement pour leur dire que je voulais pousser même en dehors des contractions, pour "aller plus vite" ahahah ! Mathilde m'y encouragea. Et deux minutes plus tard après avoir senti une dernière manipulation (les épaules, sans doute), elle me demandait soudainement d'arrêter de pousser :"Vous voulez l'attraper ?" mon Dieu...ça y était, c'était déjà terminé, je n'y croyais pas "Oui, oui, je veux !!!" j'ai tendu les deux bras, et ai vu une petite tête apparaître... Elle était toute mince, toute douce, toute petite, si jolie déjà. J'ai eu peur de lui faire mal, elle semblait tellement fragile. J'ai essayé de la regarder pour pouvoir vérifier si tout y était (oreilles, doigts de pieds, etc !) mais un voile flou s'est alors placé devant mes yeux : le bonheur m'a tant submergé qu'un immense flot de larmes a envahi mon regard et mes joues pendant de longues minutes. Ma joie était infinie...je savais bien que je n'aurais jamais été aussi heureuse de toute ma vie, mais je n'aurais jamais pu mesurer cette force... Aujourd'hui, malgré le sketch de Florence Foresti sur la question, je peux tout à fait affirmer que mon accouchement était le plus beau jour de ma vie. J'étais enfin maman. Mon homme était là, heureux, un peu abasourdi aussi. Et ma fille, sur moi, était la plus parfaite de toutes les petites princesses. Mathilde et sa collègue m'ont même remercié (à ma grande surprise) à la fin, en me disant que c'était un très bel accouchement et que les primipares avec péridurale poussent rarement aussi bien (la poussée a duré environ dix minutes)... pour tout vous dire, je pense que c'est vraiment le psychologique qui a joué pour moi ! Je voulais tellement y arriver que j'ai expédié ça en quelques minutes, à mon plus grand étonnement :) donc vous savez ce qu'il vous reste à faire. 


*

L'accouchement est vécu différemment par chacune et son bon déroulement dépend de bon nombre de paramètres, mais je voulais apporter mon témoignage. Car à aucun moment je n'ai souffert à proprement parler, alors que c'était ce que je redoutais tant (comme beaucoup, j'en suis certaine !). Tout n'a été qu'excitation de rencontrer enfin celle qui allait faire de moi une jeune maman, avec des petites surprises tout du long pour agrémenter cette longue et belle nuit d'attente. J'espère de tout coeur avoir pu rassurer certaines futures mamans, et si ce n'est pas le cas et que vous avez besoin de parler avant ce grand moment, n'hésitez pas à m'envoyer un petit mail, je répondrais avec plaisir :)